VOL 184
Initialement programmée pour décoller vendredi 4 juillet, Ariane s'est envolée lundi 7 juillet à 18h47. Situation nominale. Pas de rouge sur le tableau.
Magnifique lancement en cette toute fin d'après-midi, avec un soleil orangé qui éclairait les nuages.
Le bruit, énorme, nous est parvenu quelques secondes après la lumière du décollage et a crépité intensément tout près de nous.
Ciel superbe, nuageux mais pas une goutte.
Beaucoup d'émotion car j'assistais à mon dernier tir. Et oui, Ariane, je te verrai sur Internet désormais, mais ça ne sera plus tout à fait pareil...
L'îlet la Mère
L'îlet la Mère se situe au large de Rémire (Cayenne), à 11 km de la Marina de Dégrade des Cannes. C'est une île deux fois plus grande que Royale (îles du Salut) et très sauvage.
Le comité d'accueil en arrivant !
Des singes saïmiris déboulent de partout ! Ils sont intrépides, vifs, coquins, curieux, bien moins farouches que tous ceux qu'on avait rencontrés jusqu'à présent, et ils viennent voir ce qu'on a à manger !
Ils aiment tout ! Les bananes, les biscuits, le fromage, et ....nos sandwichs ! Pour pique-niquer, il a fallu ruser en nous éloignant d'eux sans qu'ils nous suivent !
Quelques vues de l'île avec d'énormes fromagers aux racines contrefort et la petite plage où l'on s'est baigné.
Tortues Luth
La plage des Hattes à Awala Yalimapo.
- 22 juin 2008 -
Depuis quelques temps, nous attendions le moment propice pour retourner à Awala voir les tortues.
L'année dernière, nous y étions allés en avril et les avions vues de nuit. Cette fois, pour éviter les jours fériés, les samedis et dimanches où il y a beaucoup trop de monde sur la plage, nous avons attendu que Max ait fini les cours et le bac et que Jean-Philippe soit en perm, pour pouvoir y aller en semaine, et, pour avoir une chance de les voir de jour, nous avons calé notre date sur une marée haute en début de matinée.
Mission compliquée, mais accomplie ! Et réussie !
La chance sourit à ceux qui se lèvent tôt.
En ce lundi matin, nous sommes déjà sur place, puisque nous avons dormi chez Rita à Awala, et debouts à 5h30. Il fait encore nuit. Parés de nos lampes frontales, on se dirige silencieusement vers la plage. A peine avons-nous fait un pas dans le sable, qu'on distingue immédiatement 3 masses sombres caractéristiques : 3 tortues sont en train de pondre. Des luths.
Pas un chat sur la plage. Que nous 3. Génial.
On reste près d'elles tout le temps qu'il faut pour les observer.
Ce ne sont pas des animaux rapides ! Elles en font des tours et des virons ! Et elles soufflent, elles râlent, elles pleurent, elles envoient du sable valdinguer de partout. Impressionnant.
A un moment, un souffle rauque nous fait tourner la tête vers l'océan. Y'en a une qui arrive : elle vient de remonter à la surface prendre sa respiration et est en train de nager vers le rivage. Elle s'approche du bord, fait quelques mouvements sur le sable puis, contre toute attente, fait demi-tour et repart au large. Bizarre. On ne l'a pourtant pas gênée car on était bien en retrait.
On reporte donc notre attention sur les 3 qui finissent de pondre. L'une d'elle se dirige maintenant vers l'eau et repart, avec force détours comme d'habitude, vers son élément liquide.
Restent les 2 autres. La plus grosse des 2 finit de pondre la première et semble vouloir repartir. Mais une fois arrivée tout au bord, (elle avait déjà les nageoires avant dans l'eau), la voilà qui pivote sur elle-même et reprend la direction de la plage ! Et elle remonte ! Elle a l'air épuisée et on ne comprend pas pourquoi elle se crève encore à se hisser dans le sable alors qu'elle a déjà pondu. Puis, au bout d'un temps infini, elle se met à se diriger vers sa "collègue" et nous pensons qu'elles vont finir par se télescoper toutes les deux, si ça se trouve ! Et bien, ça se trouve ! La plus grosse pousse l'autre avec sa tête et la touche avec sa nageoire. On ne sait pas si c'est un code, mais toujours est-il, qu'à partir de ce moment, toutes deux se mettent dans le sens du départ et regagnent ensemble l'océan, côte à côte, presque synchronisées !
Magique. On était bluffé.
On les a suivies des yeux tant qu'elles sont remontées respirer à la surface et jusqu'à ne plus voir que 2 sillons s'éloigner et disparaître au large.
Sur cette immense plage des Hattes, haut lieu de ponte des tortues, que de nids ! Toute la plage est un véritable champ de labour. Le sable est entièrement retourné. Pas étonnant : on a su ensuite que 70 à 80 tortues viennent pondre ici chaque nuit pendant la saison, parfois même jusqu'à 150.
En continuant notre remontée de plage, on en a encore vues plusieurs. Rien que des Luth.
Toujours le même cérémonial : elles se hissent jusqu'au sable sec, creusent, pondent, rebouchent, brouillent les pistes et repartent vers l’océan en faisant moult détours.
Personne n'est venu troubler ce pur moment de bonheur, d’émotion et de communion avec la nature.
Sentier Ste Elie
Promenade au sentier de Ste Elie, qui se trouve après Sinnamary en direction d'Iracoubo.
A chaque sortie en forêt, on se sent tout petit au milieu d' arbres immenses comme, ici, cet énorme Kimboto de 35 mètres avec ses racines contreforts.
Pour assurer leur stabilité sur un sol de faible épaisseur, et augmenter leur résistance à la chute, certains arbres développent des racines de type "traçantes", qui s'étendent sur plusieurs dizaines de mètres et deviennent de véritables "contreforts".
La balade sur ce sentier est sympa et originale car on passe du couvert sombre de la forêt, à un verger d'agrumes, à découvert, en plein soleil.
Il y a là plein de pomelos ( pamplemousses à chair rose, greffés sur des citronniers).
Après la marche, nous avons pique-niqué à la Crique Toussaint et nous sommes baignés.
L'eau est rouge à cause de la latérite.
VOL 183
Prévu le 23 mai, puis reporté une première fois au 30 mai, ce vol 183 d'Ariane a encore été reporté, cette fois à quelques heures du décollage, alors qu'elle était déjà sur sa Zone de Lancement. Elle a donc été rentrée au BAF et il a fallu attendre 13 jours supplémentaires pour que l'anomalie dans le logiciel du programme de bord soit réparée, que la fusée soit ressortie du Baf et qu'elle puisse enfin décoller.
C'est donc hier soir, jeudi 12 juin, que le tir a eu lieu, à 19h05.
Légère angoisse lorsqu'un "rouge" ensemble de lancement est apparu au début de la séquence synchronisée, qui a fait que la fusée n'est pas partie à 18h54 comme prévu, mais 11 minutes plus tard, une fois que les panneaux ont été à nouveau tous au vert.
Allumage des moteurs
Montée dans le ciel

Depuis notre site d'observation, nous avons assisté à un magnifique spectacle, alors qu'il ne faisait pas encore complètement nuit, quand Ariane s'est arrachée du sol dans un bruit et une lumière incroyables. Par égard pour ceux qui sont venus en Guyane et n'ont pas vu de lancement, (!?!...), je ne vais pas m'extasier sur celui d'hier soir, mais je crois qu'il a été un des plus beaux que j'ai vus, sinon le plus beau.... Nous avons suivi Ariane pendant de longues minutes, la voyant monter très vite en laissant derrière elle un énorme panache de nuages. Puis nous avons parfaitement vu 5 points rouges se détacher les uns des autres : 1 correspondait au lanceur, 2 correspondaient aux boosters, et les 2 autres, que nous n'avions pas vus les fois précédentes, devaient correspondre à la coiffe qui s'arrachait.
C'était mon 15 ème et avant-dernier tir. Je ne m'en lasse pas ! Prochain le 4 juillet, normalement...
Le carbet entouré d'eau
En Guyane, il n'y a pas de printemps, ni d'été, ni d'automne, ni d'hiver, mais il y a une sacrée saison des pluies !!!!
Pour aller passer le dimanche de la Fête des Mères au carbet, il ne faut pas avoir peur de se mouiller !
Ce fut une journée incroyable et mémorable et heureusement que le carbet est en hauteur !
Saison des pluies
Le Camp Cisame (2)
Situé sur le fleuve Approuague, au Saut Grand Mathias, à environ 1h45 de pirogue de Régina, le camp est composé de différents carbets de style amérindien aux toitures en bardeaux traditionnels, reliés entre eux par des passerelles en bois.
Dans le reflet du miroir
On a mangé des parépous, fruits du palmier du même nom, qui se présentent sous forme de graines charnues au goût étonnant, rappelant à la fois la châtaigne et l’artichaut.
Dans une petite crique en bordure du camp, nous avons joué les orpailleurs avec des batées traditionnelles. C’est sympa. Certains, à force de tourner leur batée longtemps dans un mouvement circulaire régulier, ont fini par apercevoir un peu de poussière d’or dans le fond. Pour ma part, je suis contente d’avoir choisi ma pépite d'or dans une bijouterie, car ce n’est pas dans le fond de ma batée que j’aurais pu en trouver une !!!
Puis vint le moment qu’on a préféré -(mais y'a pas de photo car on était tous les 4 dans l'eau !)- : la descente du fleuve, à la nage, avec gilets de sauvetage. Super de se laisser porter par le fleuve !
D’abord, on remonte à pied sur un layon en amont du camp pendant environ un kilomètre. Puis, pour le retour, on se met à l’eau et on se laisse dériver avec le courant jusqu’au ponton du camp. C’est grandiose ! Unique ! Mais attention le courant est puissant et une pirogue nous accompagne au cas où. A un moment, on a essayé de nager à contre-courant, juste pour voir, mais c’est quasiment impossible. Vraiment impressionnant. Pas de saut à franchir, bien évidement, pour cette expérience originale et inoubliable.
Nous avons aussi fait une balade en forêt de 3 heures.
Avant de partir, notre guide nous conseille de mettre de vieilles tennis et de bien les attacher… On va vite comprendre pourquoi.
Au début, nous progressons normalement sur le layon et il nous présente les essences de la pharmacopée, nous montre les traces d’animaux et comment grimper aux arbres avec la technique des amérindiens c'est-à-dire nus pieds avec un gros élastique qui entoure les chevilles (pour l’adhérence) et qui permet de monter tel un singe en enlaçant le tronc.
Toute la première partie de la marche est «tranquille».
Puis le layon devient de plus en plus boueux…, et c'est là qu'on comprend pourquoi il fallait de vieilles chaussures !
Au début, on hésite à mettre les pieds dans la boue… Mais ça ne sert à rien de faire les chochottes car, très vite, le passage se transforme en marécage et on va s’enfoncer dans la vase jusqu’aux cuisses !!! Berk, c’est dégoûtant ! On a l’impression que nos pieds sont aspirés par des sables mouvants et qu'on ne va plus pouvoir les extirper de cette boue ! C’est ainsi sur environ 300 m. Il faut reconnaître qu'on ne s’y serait jamais risqués si l’on n’avait pas suivi notre guide qui nous assurait qu’il n’y avait rien dessous !
Une fois sortis de ce bourbier, on va avoir largement l’occasion de se débarrasser de toute cette boue car toute la dernière partie de la marche se fait dans le lit de la crique jusqu’au retour au camp. Pendant 3 quarts d’heure, nous avançons dans de l’eau claire et fraîche, mais pas profonde. C’est chouette. Le cadre est beau et les papayos chantent au dessus de nous.
On fini par déboucher sur la clairière du camp et on se retrouve tout à coup assommés par le soleil brûlant et éblouissant qui nous tombe dessus au sortir de la pénombre de la forêt.
Comme on a eu très chaud à cause de la chaleur humide ambiante, des efforts fournis et des émotions ressenties, on apprécie grandement la baignade dans la petite crique du camp.
Le hamac en Guyane est une institution...
et la sieste dans les hamacs aussi est une institution !
Retour
Sur la pirogue qui nous ramène à Régina, il se met à pleuvoir environ à mi-parcours (après les sauts, heureusement) ce qui fait qu’on fini le trajet planqués derrière nos capes de pluie, protégeant nos visages des gouttes qui cinglent à cause de la vitesse.
Encore une parenthèse fort dépaysante et enrichissante qui nous a permis de découvrir ce coin la Guyane que nous ne connaissions pas.





















































































