Une journée aux îles
Une traversée mouvementée.
Le trajet pour aller aux îles a été agité car nous avons eu une puissante houle générée par une dépression située sur l'Atlantique Nord et combinée à de forts cœfficients de marée. Météo-France avait d'ailleurs émis un bulletin d'alerte orange sur la Guyane. La phase la plus active a été vendredi Saint avec de gros rouleaux et il y avait encore d'énormes vagues lundi de Pâques quand nous avons fait la traversée. Le skipper du catamaran a eu du fil a retordre pour barrer. Sur les 28 passagers, 8 ont été malades. Nous 5 avons été impressionnés par les vagues, mais aucun de nous n'a eu besoin du seau !!!!
Pas de photo donc, car nous devions rester à l'arrière du bateau ou dans la cabine. Juste ces images prises sur Internet, pour vous donner une idée de l'ambiance à bord !
L'arrivée sur Royale.
Arrivés aux îles, nous avons constaté que la météo ne s'arrangeait pas ; c'était bien bouché à l'horizon mais il ne pleuvait et d'ailleurs il n'a pas plu de la journée.
Nous avons découvert un gros paquebot ancré dans la baie. Il a débarqué ses 800 passagers (des américains) sur Royale et j'ai eu peur un moment que cela ne nous gâche la journée. Mais ces touristes ont été paisibles, et ne nous ont pas embêtés longtemps puisqu'ils sont repartis déjeuner sur leur bateau et ont levé l'ancre en début d'après-midi.
Après-midi libre .....mais que sur Royale !
Et oui, à cause des mauvaises conditions météo, notre skipper n'a pas voulu prendre le risque d'emmener les enfants et les séniors sur St Joseph. Le débarquement sur l'île est déjà assez difficile en temps normal, mais là c'était périlleux, voire dangereux. Dommage pour nos invités qui ont dû se contenter de voir St Jo de loin, mais qui ont pu, en revanche, arpenter Royale en long, en large et en travers et faire connaissance de ses "habitants" :
La végétation, toujours aussi exhubérante.
Ce gros fruit à la peau hérissée de pointes est un corossol
Et ces fleurs blanches, des daturas
La montagne des Singes
A 17 kilomètres de Kourou.
Il s’agit d’une balade sur la matinée.
La boucle fait 3,3 km sur un sentier parfois assez raide, mais accessible.
Les animaux sont omniprésents : on entend leurs cris et on voit leurs traces, mais on ne les voit pas. On entend le papayo, l'oiseau sentinelle, et les cigales qui font tellement de bruit qu'on pourrait penser qu’on approche d’une scierie. On voit des morphos et d’autres papillons, mais surtout des arbres, des arbres, et encore des arbres, tous plus grands et majestueux les uns que les autres, avec parfois des racines spectaculaires.
On atteint un carbet au sommet de la montagne, (qui culmine quand même à 151 mètres !), d'où on profite d'une très belle vue sur la forêt, le fleuve Kourou, l’océan et les Iles du Salut et, sur la gauche les installations du CSG.
Autour d'Ariane
Sinnamary
La plage de Kourou
VOL 181
De Kourou à la Station Spatiale Internationale.
Superbe décollage d’Ariane la nuit dernière depuis le Centre Spatial Guyanais.
Ce lancement en pleine nuit a revêtu un caractère différent de d’habitude et diffusé une ambiance magique.
Beaucoup de personnes s’étaient déplacées, malgré l’heure tardive, pour se rendre sur les sites d’observation. Rien que sur Agami on avait 10 bus, soit plus de 500 invités et je suppose que Jupiter était pleine aussi vue l’importance du passager d’Ariane ce 9 mars 2008.
C’est que la fusée n’avait pas, comme d’habitude, de satellites commerciaux ou militaires à bord : cette fois, elle emportait le cargo de l’espace, l’ATV (Véhicule de Transfert Automatique) Jules Verne, vers son orbite circulaire pour qu’il rejoigne ensuite la Station Spatiale Internationale. Une grande première.
Pour cela, elle avait été modifiée de façon à recevoir ce passager hors norme, grand et long comme un bus à étages, et très lourd, (plus de 19 tonnes).
Ca ne se voyait pas extérieurement bien sûr, surtout pour des néophytes comme nous, et ni depuis l’endroit où l’on se trouvait, surtout de nuit et sous la pluie !!!
Néanmoins, probablement du fait de la couverture nuageuse, le décollage a produit un bruit énorme ! Il a généré des vibrations tellement puissantes que tous les animaux de la forêt alentour doivent encore s’en souvenir ! Impressionnant.
Ce vol 181 a plusieurs fois été reporté. Initialement prévu le 22 février, il a été reporté au 8 mars, puis au 9 mars.
Et hier, le 9 mars, le lanceur était en place sur sa zone de lancement et tous les paramètres étaient au vert. Il n’y avait pas de fenêtre de tir : c’était prévu à 01h03.
Ca partait ou ça ne partait pas. Et c’est parti ! Pile à l’heure !
Ce décollage n’a pas été des plus spectaculaires du fait du mauvais temps qui régnait sur la Guyane la nuit dernière. Les toutes premières secondes ont cependant été géantes avec cette lumière si particulière qui éclaire la forêt comme en plein jour. Puis Ariane a disparu pratiquement tout de suite dans les nuages et on ne l’a plus revue. Mais qu’est-ce qu’on l’a entendue ! Vraiment grandiose.
Arianespace a réussi sa mission et je pense que la plupart des médias vont relater l’évènement, même en métropole…. ! En tous cas, ici c’était la fête dans tout le staff de la base spatiale hier. Champagne !
A présent, on va suivre la suite de l’aventure, au moins jusqu’au 3 avril date à laquelle le cargo ATV devrait s’arrimer à l’ISS. Il va s’approcher tout doucement de la station mais en se déplaçant tout de même à environ 28 000 km/h, tout comme elle ! C’est comme si 2 avions à réactions volaient en parallèle et la connexion sera extrêmement délicate.
Encore un week-end carbet sympa
Partir deux jours en carbet avec toutes ces pluies, c'était risqué !
Il faut savoir qu'une semaine auparavant, le carbet était entouré d'eau et que nous n’avions pas pu y aller. Cette fois nous savions, grâce à une reconnaissance datant de la veille, que la situation était redevenue normale et que nous pouvions y accéder à pied "sec" ; enfin "sec" on ne sait pas trop ce que ça veut dire en ce moment, mais enfin sans avoir besoin de nager depuis le ponton jusqu’au carbet !!!
A l’arrivée sur place, on constate que tout est en ordre mais ça se voit que l'eau était là peu de temps avant car tout est trempé. Si le taux d'humidité peut atteindre 200 % à ce moment-là, alors il les atteint, c'est sûr !!
Le samedi d'avant, l'eau arrivait à 50 cm du bord de la balustrade du carbet ; on estime qu'il y avait environ 2 mètres d'eau ; mais il y a peut-être eu plus, car les pieds des tables avaient la marque de l'eau. Si c'est le cas, l'eau a probablement atteint le plancher et le carbet a dû être "soulevé". Hallucinant. Un examen minutieux des lieux s'impose donc pour vérifier que tous les pieux sont en place et que la structure n'a pas été endommagée. Bilan : seul un pieu a bougé mais rien d'alarmant et le carbet tient le coup.
Le premier jour de notre week-end n’a pas été ensoleillé mais assez peu arrosé finalement par rapport à ce qu’on s’est pris ensuite comme eau.
Nous avons entendu la pluie tomber toute la nuit, les singes hurleurs pousser leurs cris caractéristiques, les ronfleurs ronfler (!!!) et, au matin, les oiseaux ont dit qu'il était temps de se lever.
Les commodités :
Maintenant nous avons un wc au carbet. Bon, il faut balancer un seau d’eau après chaque visite et y’a pas encore de toit, mais y’a du progrès. Seulement, comme il est à l'écart du carbet, aucun de nous ne désire s'y aventurer en pleine nuit au milieu des jaguars, mygales et autres bébêtes sympathiques qui vivent probablement ici en temps normal et que nous faisons fuir en arrivant avec nos gros sabots. La forêt a ses habitants…. Il y avait des crottes fraîches sous le carbet au matin et ce n'est pas nous qui les avons déposées là. C'est pourquoi nous avons un pot de chambre pour la nuit.
Au programme quand on est en carbet : baignades, knee board, pêche, canoë, farniente, jeux.
Sinon : apéros, déjeuner, apéro, dîner, apéro, déjeuner !


























































































