La plage de Kourou
VOL 181
De Kourou à la Station Spatiale Internationale.
Superbe décollage d’Ariane la nuit dernière depuis le Centre Spatial Guyanais.
Ce lancement en pleine nuit a revêtu un caractère différent de d’habitude et diffusé une ambiance magique.
Beaucoup de personnes s’étaient déplacées, malgré l’heure tardive, pour se rendre sur les sites d’observation. Rien que sur Agami on avait 10 bus, soit plus de 500 invités et je suppose que Jupiter était pleine aussi vue l’importance du passager d’Ariane ce 9 mars 2008.
C’est que la fusée n’avait pas, comme d’habitude, de satellites commerciaux ou militaires à bord : cette fois, elle emportait le cargo de l’espace, l’ATV (Véhicule de Transfert Automatique) Jules Verne, vers son orbite circulaire pour qu’il rejoigne ensuite la Station Spatiale Internationale. Une grande première.
Pour cela, elle avait été modifiée de façon à recevoir ce passager hors norme, grand et long comme un bus à étages, et très lourd, (plus de 19 tonnes).
Ca ne se voyait pas extérieurement bien sûr, surtout pour des néophytes comme nous, et ni depuis l’endroit où l’on se trouvait, surtout de nuit et sous la pluie !!!
Néanmoins, probablement du fait de la couverture nuageuse, le décollage a produit un bruit énorme ! Il a généré des vibrations tellement puissantes que tous les animaux de la forêt alentour doivent encore s’en souvenir ! Impressionnant.
Ce vol 181 a plusieurs fois été reporté. Initialement prévu le 22 février, il a été reporté au 8 mars, puis au 9 mars.
Et hier, le 9 mars, le lanceur était en place sur sa zone de lancement et tous les paramètres étaient au vert. Il n’y avait pas de fenêtre de tir : c’était prévu à 01h03.
Ca partait ou ça ne partait pas. Et c’est parti ! Pile à l’heure !
Ce décollage n’a pas été des plus spectaculaires du fait du mauvais temps qui régnait sur la Guyane la nuit dernière. Les toutes premières secondes ont cependant été géantes avec cette lumière si particulière qui éclaire la forêt comme en plein jour. Puis Ariane a disparu pratiquement tout de suite dans les nuages et on ne l’a plus revue. Mais qu’est-ce qu’on l’a entendue ! Vraiment grandiose.
Arianespace a réussi sa mission et je pense que la plupart des médias vont relater l’évènement, même en métropole…. ! En tous cas, ici c’était la fête dans tout le staff de la base spatiale hier. Champagne !
A présent, on va suivre la suite de l’aventure, au moins jusqu’au 3 avril date à laquelle le cargo ATV devrait s’arrimer à l’ISS. Il va s’approcher tout doucement de la station mais en se déplaçant tout de même à environ 28 000 km/h, tout comme elle ! C’est comme si 2 avions à réactions volaient en parallèle et la connexion sera extrêmement délicate.
Encore un week-end carbet sympa
Partir deux jours en carbet avec toutes ces pluies, c'était risqué !
Il faut savoir qu'une semaine auparavant, le carbet était entouré d'eau et que nous n’avions pas pu y aller. Cette fois nous savions, grâce à une reconnaissance datant de la veille, que la situation était redevenue normale et que nous pouvions y accéder à pied "sec" ; enfin "sec" on ne sait pas trop ce que ça veut dire en ce moment, mais enfin sans avoir besoin de nager depuis le ponton jusqu’au carbet !!!
A l’arrivée sur place, on constate que tout est en ordre mais ça se voit que l'eau était là peu de temps avant car tout est trempé. Si le taux d'humidité peut atteindre 200 % à ce moment-là, alors il les atteint, c'est sûr !!
Le samedi d'avant, l'eau arrivait à 50 cm du bord de la balustrade du carbet ; on estime qu'il y avait environ 2 mètres d'eau ; mais il y a peut-être eu plus, car les pieds des tables avaient la marque de l'eau. Si c'est le cas, l'eau a probablement atteint le plancher et le carbet a dû être "soulevé". Hallucinant. Un examen minutieux des lieux s'impose donc pour vérifier que tous les pieux sont en place et que la structure n'a pas été endommagée. Bilan : seul un pieu a bougé mais rien d'alarmant et le carbet tient le coup.
Le premier jour de notre week-end n’a pas été ensoleillé mais assez peu arrosé finalement par rapport à ce qu’on s’est pris ensuite comme eau.
Nous avons entendu la pluie tomber toute la nuit, les singes hurleurs pousser leurs cris caractéristiques, les ronfleurs ronfler (!!!) et, au matin, les oiseaux ont dit qu'il était temps de se lever.
Les commodités :
Maintenant nous avons un wc au carbet. Bon, il faut balancer un seau d’eau après chaque visite et y’a pas encore de toit, mais y’a du progrès. Seulement, comme il est à l'écart du carbet, aucun de nous ne désire s'y aventurer en pleine nuit au milieu des jaguars, mygales et autres bébêtes sympathiques qui vivent probablement ici en temps normal et que nous faisons fuir en arrivant avec nos gros sabots. La forêt a ses habitants…. Il y avait des crottes fraîches sous le carbet au matin et ce n'est pas nous qui les avons déposées là. C'est pourquoi nous avons un pot de chambre pour la nuit.
Au programme quand on est en carbet : baignades, knee board, pêche, canoë, farniente, jeux.
Sinon : apéros, déjeuner, apéro, dîner, apéro, déjeuner !
Les Iles du Salut
Au début, les îles s'appelaient "îles du Diable"car elles étaient redoutées par les navigateurs du fait des courants marins très dangereux qui les entourent.
Puis, parce qu’elles sauvèrent d’une mort certaine les colons de la fameuse expédition de Kourou en 1763, elles furent rebaptisées "îles du Salut".
Elles furent ensuite choisies comme lieu de déportation car, d'une part elles étaient inhabitées et, d'autre part il était pratiquement impossible de s'en évader, le courant très puissant et les eaux infestées de requins rebutant les plus téméraires...
A l'époque, les requins rôdaient. Ils avaient vite compris qu'ils n'auraient pas longtemps à attendre leur "repas", puisque les bagnards décédés étaient tout bonnement jetés à la mer.
Les cimetières que l'on peut voir sur Royale et St Joseph sont ceux des surveillants et de leurs familles.
La maison de Seznec :
L'église :
Sur Royale, les bâtiments du bagne ont été bien rénovés et transformés en auberge pour les uns, en chambres d'hôtel pour les autres ou en musée.
Sur St Joseph, une partie des bâtiments est à présent réservée aux légionnaires qui y ont établi leur camp de repos et qui entretiennent l'endroit.
Mais le reste des bâtiments est abandoné et la nature est en train de recouvrir les traces du passé. Les figuiers maudits étouffent progressivement les murs et les grilles, les enlacant dans leurs énormes racines.
L'île du Diable n'est pas désservie par les voiliers ou la navette, donc on n'y est jamais allé. Mais peut-être peut-on s'y rendre avec son propre bateau, enfin, je suppose que l'accès est difficile car les courants sont forts.
C'est devenu le domaine des cocotiers et des rochers battus par les vagues.
On aperçoit juste la petite maison de Dreyfus lorsqu'on fait le tour de l'île en bateau.
Le Camp de la Transportation
Le Camp de la Transportation de St Laurent a reçu plus de 70 000 condamnés qui y ont purgé leur peine entre 1852 et 1953.
A la fin du bagne, en août 1953, les bâtiments ont été abandonnés, squattés et pillés, puis envahis par la végétation.
Le Camp fut réhabilité pour les besoins du tournage du film "l'affaire Seznec".
Aujourd'hui il appartient à la commune de St-Laurent-du-Maroni, il est classé monument historique depuis 1994 et il se visite.
La guide nous montre l'emplacement de la guillotine...
Terre maudite
Dans un passé pas si lointain, pendant plus d'un siècle, des hommes ont sué sang et eau dans des conditions atroces pour payer leur dette à la société.
C'était les bagnards, ces parias que la métropole envoyait purger leur peine en Guyane française. Ils y trouvèrent l'enfer et souvent la mort, mais elle devait être à ce moment-là une délivrance plutôt que de subir brimades, privations et maladies.
La Guyane a été une terre maudite pendant des années avec des bagnes disséminés un peu partout sur son territoire.
Mais les deux principaux centres pénitentiaires étaient le Camp de la Transportation, à St Laurent du Maroni, et les îles du Salut, au large de Kourou.
On peut assister à un tir d'Ariane.
Pour assister à un lancement d'Ariane, il suffit d'en faire la demande auprès du Service des Relations Publiques du CSG.
Une invitation vous est alors attribuée, qui permet de vous rendre sur un site d'observation et de voir décoller Ariane, tout en bénéficiant de la vidéo transmission sur télés et grand écran pour se tenir au courant du déroulement des opérations de lancement.
(Je vous rappelle que vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir).
Plusieurs sites sont en principe ouverts au public les jours de lancement :
- Carapa, en accès libre, situé à 12,5 km de la zone de lancement. Pas de limite d'âge, mais une sacrée côte à gravir à pied !
- Ibis, Vénus, sur invitation. Limité aux plus de 8 ans et accessible en bus.
- Agami, sur invitation, situé à 7,5 km de la zone de lancement. Limité aux plus de 16 ans et accessible en bus.
- Jupiter, salle VIP, sur invitation, situé à 12 km de la zone de lancement. Limité aux plus de 12 ans. Accessible à pied et ouverture des portes sur les terrasses à H - 2 minutes pour assister au décollage.
- Toucan, site VIP, sur invitation, situé à 5,1 km de la zone de lancement. Limité aux plus de 16 ans et accessible en bus.
Lorsque vous vous rendez sur un site d'observation - qu'il soit rapproché (Agami ou Toucan) ou éloigné (Carapa, Ibis, Vénus ou Jupiter)- vous serrez pris en charge par les hôtesses accompagnatrices. Elles portent un polo bleu marine avec écrit "Relations Publiques - Lancement Ariane 5" en gros dessus, vous ne pouvez pas les louper ! Elles aussi ont une mission ces soirs-là : celle de vous faire passer un agréable moment en compagnie d'Ariane. Elles sont en quelque sorte le reflet de la communauté spatiale. Certains invités ont peut-être traversé l'océan uniquement pour voir décoller Ariane. Ils ont pu arriver la veille en Guyane, s'être rendus sur un site d'observation, avoir assisté au décollage et être repartis dès le lendemain. Qu'auront-ils vu en si peu de temps ? Une fusée et... les fameuses hôtesses accompagnatrices !
Gérard Klein - Toucan - vol 175 - 11 mars 2007
On peut visiter le CSG
Visite du Centre Spatial Guyanais
Une guide nous prend en charge dans la salle Jupiter,
avec un rappel de l'histoire du spatial en Europe,
puis une projection de plusieurs petits films.
Elle nous emmène ensuite en bus vers les ensembles de lancement pour nous montrer les différents pôles :
- l'ensemble de lancement d'Ariane 4 (désafecté)
- l'ensemble de lancement d'Ariane 5
- la salle des opérations (CDL3) où tout se gère à chaque lancement 
C'est une visite très complète, intéressante, et qui vaut le coup.
Il y a plein de sites sur le CSG et le spatial à Kourou, mais j'aime bien celui-là :
http://www.esa.int/SPECIALS/Launchers_Europe_s_Spaceport/SEMZ3QWA6QD_0.html





















































































